Paul Meurice

« Bâti en hercule, ayant frôlé cent fois la mort pour sauver la vie des autres, il était né le 29 septembre 1900 dans la cité franchimontoise. Il fit ses études aux écoles de Theux. Ses instituteurs estimaient beaucoup son caractère franc et loyal ».

Il s’orienta très tôt vers la mécanique et devint vite un as du volant. Entré à la société de l’Est à Verviers, il s’y fait remarquer par son ardeur et sa promptitude au travail, il ne tarda pas à reprendre à son compte le service d’autobus Spa-Verviers.

Qui ne se souvient du « gros » comme disaient ses amis… toujours de bonne humeur, serviable, toujours prêt à secourir son prochain et aider les malheureux. Trop tôt et bien malgré lui il quitta son beau pays de Franchimont et se fixa à Dinant. Les nombreux pèlerins de Beauraing qui l’ont vu au volant de son autobus, la mine souriante et la pipe aux lèvres, éprouvaient tous de la sympathie pour le… gros Paul.

Hélas, après bien des déboires, de la ville des Compères il passa à Pont-à-Celles. Ses affaires prospéraient, il vivait heureux au milieu des siens quand la guerre éclata.

Les premiers jours il se présenta pour conduire les troupes françaises dans leur secteur de combat, mission périlleuse qui lui valut les félicitations et les remerciements des officiers français.

Le patron fut sollicité par ses voisins pour les conduire en France, ce qu’il fit avec le plus grand désintéressement, mettant ses autobus à la disposition des évacués. Après bien des déboires, il dut bien malgré lui ramener tout son monde à son point de départ. Paul avait cependant fait preuve d’un admirable dévouement, restant des jours et des nuits au volant, les évacués qu’il ramena à bon port doivent se souvenir du Bac de « Quautebec » où il voulut rester seul à son volant pour faire la traversée tout comme un capitaine préférant couler avec son navire plutôt que de l’abandonner.

Rentré au logis, il trouva sa maison pillée, invité à réorganiser le service, il refusa carrément de rouler pour l’ennemi. Résultat : réquisition de tous ses autobus. Il transforma un car qu’il avait réussi à soustraire, en camion à mazout et se mit spontanément au service de l’«A. S.» et se chargea de transporter clandestinement victuailles et armes de toutes espèces destinées aux maquisards.

Les sorties de nuit, avec les « bandits » masqués devinrent bientôt pour lui un jeu, il transforma sa propriété en un véritable « arsenal » et décida ses chefs à se réunir chez lui et y établir leur poste de commandement.

De nombreuses distinctions sont venues récompenser ce brave homme, digne successeur des 600.

Pays de Franchimont 10 octobre 1967

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